Le féminin n’est pas l’apanage des femmes. C’est un état, libre de droit..

"Les Camps de l'Amor" de David Noir au Générateur | Musique improvisée : Christophe Imbs | Photo © Karine Lhémon
Photo © Karine Lhémon

Le féminin, non, ce n’est pas spécifiquement « la femme » qui, contrairement à ce qu’a voulu prétendre fallacieusement Aragon, n’est l’avenir de rien d’autre que d’elle-même et pas spécialement de l’homme qui lui-même n’est pas d’avantage le futur de quiconque.

Le féminin … ah oui !

Toi, homme ou femme sans réflexion, véhicule des idées toutes faites, tu veux croire que les femmes sont « jolies » comme tu as envie de te le raconter ?

Qu’elles sont fragiles, délicates et fines ? C’est pratique d’avoir des idoles qui n’existent pas, hein ? Quelque chose à adorer que l’on piège en s’entretenant dans un aveuglement coupable. Regarde dans la rue avec le peu d’objectivité dont tu es capable. Il sera néanmoins suffisant pour que tu constates que les femmes ne sont ni plus ni moins belles que qui que ce soit. Aucune n’est l’objet de ce que tu te plais à imaginer. Ce sont des femmes, voilà tout. Comme il y a des hommes, des chats et des chiens. Rien de plus. Tu enfermes les êtres, hommes, femmes, enfants, animaux, dans le cadre complaisant et sans exigence de ta propre connerie. Ce faisant, sans effort particulier, tu réalises la société que l’on connaît ; merci bien.

Ce sont ces grosses fadaises qu’il te plaît de prendre pour de la poésie. C’est là qu’est le véritable blasphème. Pour que le fameux féminin reste bien en cage, dans sa prison flatteuse.

Le féminin, ce n’est que la faculté de se faire prendre, d’être une matrice ouverte ; qu’elle soit cul de mâle gémissant « féconde-moi ! » ou vulve se remodelant à la circonférence d’une verge. Un trou bien circonscrit pour qu’on le bourre d’idées toute faites.

Oui, le féminin, c’est ce qui se fait prendre, la main dans le sac, la tête dans le sac à main, cul par-dessus tête à l’horizon de demain. Ce ne sont pas forcément les filles « qui la ramènent » ; ce sont aussi les garçons qui ne craignent pas de l’être, certains d’être des hommes qui ne se définissent pas par les (con) séquences de leurs seuls gènes, par les conséquences de leur seule gêne.

 

SCRAP, le féminin dans tous ses états de non-droit

Ici, on pense comme on baise ; précis ou dégoulinant ; avec des images dans la tête ou quelqu’un d’autre entre les pattes. Ce qui compte, c’est que tout ça colle bien ensemble, en un bel album de souvenirs défraîchis ; ça nous fera de la littérature à empiler sur nos étagères.

Moi, je me nourris à la solitude Frankenstein de mes pareils et je défèque du Muppet Show collégial à usage unique. Parfois, j’ai du mal à avaler un carré de chocolat ou j’ai peur que le lever du jour ne fasse lâcher mon cœur par son intensité irradiante. Si tu passes par-là, amateur de rhétorique, agitateur politico-médiatique, écrivaillon penseur, commentateur blablateur du tout-venant, cantonné aux replis étroit des mots dont tout le monde use, bien le bonjour ! Je te préviens, tu n’auras rien à en dire d’intelligent. SCRAP n’est pas une œuvre intelligente. C’est un ramassis à la pelle de tout ce qui se passe pour moi face à toi dans ce temps X où nous nous croisons.

C’est une vomissure amusante et autonettoyante faite pour ne pas laisser de trace dans nos mémoires. C’est le futur, mais sans lendemains, même si par hasard ils chantent. Mais laissons la rébellion bidon à ses conceptions angélistes et évangélistes.

États du féminin | "Scrap" | Photo © David Noir
Emma, personnage féminin en taule | "Scrap" | Photo © David Noir

Sous-mission

Ce n’est pas parce que l’on trouve un trou qu’il faut le remplir

Pour vivre son être dans sa chair, pour sentir la vibration de sa puissance d’exister comme un animal – la nature nous l’apprend – il nous faut tuer, éradiquer.

Le problème n’est pourtant pas de tuer, mais de tuer les bons ou plutôt les mauvais. La difficulté de l’homme de culture est qu’il n’ose pas assassiner ses ennemis, ni ses proies (les conçoit-il encore seulement ?) Ainsi, le voilà rendu fatalement vulnérable à ceux/celles qui, sans doute moins délicat/es et bien éduqués, osent le faire. Développement d’un bel art considéré com