Beau comme une chatte …
Mobil'Homme | "Beau comme une chatte qui serait belle comme un steak" | Visuel © David Noir

Beau comme une chatte …

qui serait belle comme un steak !

Mobil'Homme | "Beau comme une chatte qui serait belle comme un steak" | Visuel © David Noir
Mobil'Homme | "Beau comme une chatte qui serait belle comme un steak" | Visuel © David Noir

Appétit et voracité pour les représentations du sexe mis à toutes les sauces

C’est très beau, je trouve, un masque comme ça, voyez ; aussi beau que n’importe quelle œuvre d’art ; hein c’est connu, ready-made. Le truc particulier, c’est que c’est vrai. Pas juste un concept. Enfin là, ce n’est plus du ready-made puisqu’il n’est pas présenté hors de sa fonction première. C’est même l’inverse. Je ne le présente que pour ça. Pour valoriser sa fonction. Qu’on arrête de me faire chier avec la commedia dell’arte et les masques rituels et la beauté de la beauté de la beauté, quoi ! Le plastique est un art, d’autant plus subversif qu’il est polluant, sans blague ! Mais attention le latex, hein, c’est tout ce qu’il y a de naturel. Y compris l’ammoniaque qu’on met dedans ; comme dans l’urée des urines.

Oui c’est beau comme une chatte qui serait belle comme un steak. Le désir, l’appétit pour la beauté, c’est bien la même chose. Ce que l’on trouve beau, à son goût, n’est que ce que l’on voudrait dévorer. Tous les rouges du monde sont ceux des muqueuses et de la chair. Toutes les gueules béantes sont nos orifices. On n’y peut rien. Ce n’est même pas de la psychanalyse ; bien mieux, c’est du réel.

Quelque part flotte le bonnet rouge du commandant Couche Tôt. Au nom de l’écologie, lui et son équipe harponnent les requins comme le capitaine Achab sa baleine blanche. Tiens Achab, encore un roi D’Israël qui toujours se prosterne à Sion.

Si j’étais devant la mâchoire du squale, peut-être que j’en voudrais bien de l’aide de son harpon. Toujours la même histoire. Vu de près ou de loin. Toujours coincé là entre le réel et ses représentations. Tiens encore Sion.

Entre mon réel et le tien. Entre nos représentations. On aime bien la police pour être secouru quand on a eu bien peur. Quand elle vous regarde comme un bout de barbaque sans cervelle avec son regard froid ; là c’est une autre histoire.  

Les deux pieds dans combien de sabots ? Ou bien droit dans ses bottes ?

Histoire de faire le pas, de bon pied, de bon œil.

Le fantasme de droiture et la honte de n’y pas parvenir. Pas près d’y arriver hein ?

David Noir

David Noir, performeur, acteur, auteur, metteur en scène, chanteur, plasticien, vidéaste, bricoleur sonore, enseignant... trimbale sa nudité polymorphe et son enfance costumée sous le regard et aux oreilles de qui veut voir et entendre.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.